Estelle Youssouffa
Biographie
     

« Faites l’amour avec votre dictionnaire »

      

En des termes directs, simples, la jeune journaliste mahoraise a raconté son parcours et donné des pistes à de jeunes journalistes dans lesquels elle s’est facilement retrouvée. Pour la bonne raison qu’elle a fait ses études à Tours. D’abord au lycée Descartes, suivi d’hypokhâgne, puis à l’IUT de journalisme de Tours. « C’était une bonne formation, j’en garde de bons souvenirs ».
Venue tout droit de Mayotte, Estelle Youssouffa est une jeune et belle femme qui a expliqué qu’elle a tout consacré au métier de journaliste. Sa vie personnelle et intime car à 30 ans, elle n’a toujours pas d’enfants, a été concentrée sur le travail.
« Je le vis parfois douloureusement à l’intérieur de moi-même, mais c’est un choix. C’est plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Car nous, nous voyons avancer puis parfois passer l’âge de procréer, mais ce sont des choix qui faut parfois faire. A chacun, de décider pour soi-même.
Son succès, elle le doit à son travail, même si, nous confie-t-elle, «  une femme a bien le droit de jouer de sa capacité de séduction pour obtenir une information. Moi, je ne le cache pas, j’en joue. Jusqu’à un certain point bien entendu. »
Elle dit qu’elle est devenue journaliste en travaillant énormément. Arrivée à Tours de l’île de Mayotte où sa famille était restée, elle a compris qu’elle ne réussirait qu’en travaillant. « J’ai toujours été une bûcheuse, aussi bien au lycée que dans mon métier. Pour avancer dans le journalisme, il faut travailler, toujours travailler. Lire, toujours lire. J’étais toujours fourrée à la bibliothèque, plongée dans les dictionnaires. ? Un conseil : faites l’amour avec votre dictionnaire. »

Estelle Youssouffa a été présentatrice du journal de LCI, puis elle est partie, correspondante à Londres. «  C’est quand on est jeune que l’on peut prendre ce genre de risques et partir à l’étranger. C’est très très formateur. C’est là, à Londres, qu’elle devient correspondante de la télévision du Qatar, Al Jeezira. Une télévision très connotée, très engagée. Et elle s’est longuement expliquée sur la liberté de manœuvre à l’intérieur d’une rédaction qui a même été considérée comme la télévision des islamistes. « On sait qu’on ne peut pas dire de mal de la famille royale et de la religion musulmane, mais en dehors de cela il y a de vraies marges de manœuvres et nous sommes plus libres qu’on ne le croit. »